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Le piège des startups pour un développeur

pacmon
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De plus en plus de start-ups attirent les développeurs et toutes ne sont pas paradisiaques. En fait nombre d’entre elles profitent de l’étiquette pour mener des abus en terme de code du travail, malgré une image cool. Petit florilège dans cet article.

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Les promesses : monts et merveilles

Un requin blancLes start-ups promettent monts et merveilles à leurs salariés. Alors certes il faudra travailler dur mais au final on va révolutionner la terre. Et puis en venant travailler pour l’une d’elles vous allez devenir immensément riches. On vous accordera même des stocks options, ou des actions gratuites. Par contre on ne veut que des ouineurs, des gens capables de se dépenser sans compter et bosser 70 heures par semaine. Et il ne faut pas non plus qu’ils hésitent à venir travailler le week-end si besoin. De toute façon l’ambiance est cool, on est entre potes, et quand on aime on ne compte pas. Alors pourquoi ne pas passer davantage de temps ensemble ?

Sauf que, bosser sans compter convient quand on récolte les fruits de son travail par la suite. Et là bizarrement les dirigeants d’entreprises sont souvent bien moins diserts. Alors certes leurs employés deviendront les maîtres du monde, mais en attendant ce ne sont pas eux qui récupèreront le magot, ou alors des miettes. Et par ailleurs quand la start-up aura pris suffisamment de valeur elle sera bien souvent vendue, et là, oubliés les « potes » avec qui on a passé tant d’heures. Car oui, les start-ups sont souvent créées par des requins qui profitent de l’image cool pour bien exploiter leurs salariés en contournant largement le code du travail.

 

J’ai par exemple le souvenir de l’une d’entre elles, largement encensée comme une grosse réussite française, où le patron imposait aux développeurs 50h de travail payées 35 sans RTT. Et le jour de la galette des rois il a fêté l’occasion en conviant tous les commerciaux. Par contre quand il a vu que les développeurs faisaient de même, il n’a pas hésiter à leur envoyer un mail incendiaire comme quoi c’était lamentable qu’ils le fassent pendant leurs heures de travail…

Le stagiaire, cet employé idéal

Pigeon biset panachéLe stagiaire est très prisé des start-ups. En effet beaucoup n’ont pas beaucoup d’argent pour commencer et donc profitent de cette main-d’oeuvre qualifiée et quasiment gratuite comme première force de travail. Elles attendent alors de ces stagiaires qu’ils travaillent comme un employé « normal », c’est à dire 70h par semaine avec obligation de venir le week-end. Je n’exagère à peine, on peut lire ceci dans cet article du blog Marie & Julien (et oui c’est leur article qui m’a donné l’idée d’écrire celui-ci). Par contre au moment de la paie ils touchent bien un « salaire » de stagiaire au minimum légal, c’est-à-dire environ 340 euros mensuels.

Certaines de ces sociétés (mais ce ne sont pas les seules…) peuvent même promettre une embauche aux stagiaires dans l’idée de les faire se défoncer davantage. Et à la fin du stage elles leur tiennent un discours du type : « Ah oui mais tu comprends on n’a pas de sous donc on ne va pas pouvoir t’embaucher. Par contre ce serait chouette si tu pouvais former Untel, notre nouveau stagiaire ». Je n’exagère à peine : certaines de ces sociétés n’ont pour seuls effectifs que leurs associés, et les stagiaires. Il va sans dire que ces derniers font largement office de pigeons.

 

La hype pour éviter la critique

Après le travailAlors bien sûr compte-tenu de tout ça on pourrait se dire que les gens finiraient par se révolter. Ce n’est pas le cas et pour deux raisons :

  • Les start-ups ont une image de sociétés innovantes.
  • Comme ce sont de petites sociétés on ne va pas les étouffer avec le droit du travail.

Bref du point de vue de l’opinion publique ces sociétés ont une image largement positive, renforcée par leur apparence cool. Ainsi en start-up il est largement permis de venir en jean et en baskets, ou encore d’amener son vélo. Et puis les blagues potaches renforcent encore cette image du « paradis sur terre ». Cependant ce n’est pas parce qu’on peut amener son vélo au boulot qu’on doit considérer ce dernier comme cool. Si le prix à payer est de mettre sa vie privée entre parenthèses c’est même encore pire, le risque de burn-out n’étant alors pas loin. Apple, à ses débuts, était dans cette situation, cf. la biographie de Steve Jobs. Nombre des salariés de la division Mac ont travaillé 90h par semaine pendant plusieurs mois voire années, mais il faut reconnaître que beaucoup d’entre eux ont ensuite bénéficié d’actions Apple. On voit ceci très rarement en France. Le concept chez nous consiste à importer l’allure cool et le côté « travailler jusqu’à pas d’heures », mais conserver la « gestion à papa » lorsqu’il s’agit de payer les gens…

 

Certaines start-ups exigent de leurs salariés un nombre hallucinant d’heures et n’hésitent pas à licencier ensuite de manière abusive. Ceci fait que certaines de ces sociétés sont fort bien connues des prud’hommes…

Le côté chouette des startups

Le SoleilRassurez-vous, tout n’est pas noir dans une start-up. Si celle-ci est gérée honnêtement l’expérience peut même être très enrichissante. Par « gestion honnête » je vois deux possibilités :

  • Soit le fondateur vous demande de faire les mêmes horaires que lui mais dans ce cas il vous accorde une part non négligeable des actions. Une répartition 50/50 pourrait se comprendre, 50% pour le fondateur, 50% pour les salariés. Après tout, comme tout le monde se serre la ceinture il est normal que les gens récoltent ensuite les fruits de leur travail, salariés comme employeur. Et on n’est pas alors dans une configuration « normale » employeur/employé au vu de la charge de travail demandée.
  • Soit le fondateur demande à ses employés de faire des horaires normaux, soit 35h sans RTT ou plus mais avec un nombre de RTT en correspondance.

 

Outre le côté administratif, il y a un truc vraiment chouette en startup : c’est l’une des rares situations où vous pouvez créer vos propres projets à partir de zéro. Et c’est là qu’on trouve généralement les projets les plus intéressants, car il faut choisir les technos, expérimenter, et mettre en oeuvre. Alors certes pour mener cette tâche à bien il faut un minimum de passion mais croyez-moi, le jeu en vaut la chandelle.

En bref

Travailler dans une start-up peut être soit une expérience sublime, soit un enfer. Tout dépend de la mentalité du fondateur de la société. Si ce dernier veut vraiment créer quelque chose de durable, l’expérience sera magnifique. Mais les individus ayant l’état d’esprit cité ne constituent pas la majorité dans l’univers des start-ups… JobProd en référence quelques-uns. ;-)

Dans tous les cas il faut fuir les start-ups créées par des individus désirant avant tout s’enrichir rapidement, souvent des commerciaux mais pas que. Rappelons qu’Alten a été fondé par des ingénieurs. (Aparté : son PDG, dans l’article pointé, déclare que les ingénieurs français ne sont pas assez payés… ou comment l’hôpital se fout de la charité) Vous pouvez être sûr pour ces sociétés que la direction cherchera alors à presser au maximum les salariés sans que ceux-ci ne voient rien en retour.

 

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JulienJulien
Moi c’est Julien, ingénieur en informatique avec quelques années d’expérience. Je suis tombé dans la marmite étant petit, mon père avait acheté un Apple – avant même ma naissance (oui ça date !). Et maintenant je me passionne essentiellement pour tout ce qui est du monde Java et du système, les OS open source en particulier.

Au quotidien, je suis devops, bref je fais du dév, je discute avec les opérationnels, et je fais du conseil auprès des clients.

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