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Identifier un disque dur en train de mourir

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Les disques durs meurent fréquemment, paix à leur âme. J’en ai déjà perdu quatre ou cinq, et mon dernier est en train de rendre l’âme avec le fameux « click of death »… Il existe toutefois des moyens d’anticiper ces pannes, on voit dans cet article lesquels.

 

 

 

Règle d’or : sauvegardez régulièrement vos données !

La règle d’or à observer, quelque soit votre support, est de sauvegarder régulièrement vos données, dans plusieurs endroits géographiques si possible. Une fois par mois paraît être un minimum raisonnable, c’est ce que je fais. Personnellement je grave encore une archive de mon profil utilisateur et de quelques données système sur DVD, c’est facile sous Linux. Sous Windows avant il y avait l’assistant de transfert de fichiers et paramètres qui fonctionnait bien, mais il a disparu sous Windows 10. Sous Mac vous avez Time Machine.

Il est important de sauvegarder vos données dans deux endroits géographiques différents. Vous n’êtes jamais à l’abri d’inondations, d’un incendie ou d’autres dommages majeurs. Alors bien sûr vos données informatiques ne seront pas vos plus grosses préoccupations dans ces moments-là, mais assez vite vous regretterez d’avoir perdu vos photos personnelles et autres documents précieux qui n’existent plus que sous forme numérique. Pour la petite histoire suite aux attentats du World Trade Center des entreprises ont dû mettre la clef sous la porte car elles n’avaient pas de copies de leurs données hors des tours.

Enfin, méfiez-vous des disques durs portables touts prêts que vous trouverez dans le commerce. La principale faiblesse de ces appareils tient au port USB qui a tendance avec le temps à se dessouder. Et comme le disque dur à l’intérieur ne dispose pas d’une connectique standard vous ne pouvez plus le récupérer. Au lieu de ça achetez plutôt un disque dur, puis un boîtier, ceux d’Icy Box étant parmi les meilleurs, et faites le montage vous-même, ce qui n’est vraiment pas compliqué. En prime en procédant de la sorte vous ne subirez pas le racket de la commission copie privée et pourrez récupérer le disque dur si le boîtier venait à mourir.

Un oubli de sauvegarde

Quoi sauvegarder ?

Il convient de sauvegarder toutes vos données personnelles comme les documents, les photos, les sauvegardes de jeux si vous voulez, et ainsi de suite. Sous Windows et Mac pas la peine de sauvegarder vos logiciels, ils pourront être réinstallés, par contre sauvegardez vos éventuelles clefs de licences ainsi que vos dossiers de téléchargements si vous ne voulez pas devoir télécharger tout de nouveau.

Sous Linux il faut sauvegarder votre profil sous /home, ainsi que les dossiers dans lesquels vous avez mis des données personnelles. Vous avez aussi intérêt à sauvegarder le dossier /etc si vous y avez des configurations personnalisées telles que la configuration de shorewall, ainsi que la liste des paquets installés pour pouvoir automatiser la réinstallation. La commande pour la générer dépend de votre distribution.

Et la sauvegarde dans le cloud ?

Difficile de passer à côté des sauvegardes de données dans le cloud avec des services tels que Dropbox et Google Drive. Je vous déconseille d’y sauvegarder des données confidentielles car il y a toujours des problèmes de respect de la vie privée. Pour le reste à vous de voir mais personnellement je ne les utilise pas, justement pour des questions de vie privée. N’oubliez pas que si c’est gratuit c’est vous le produit, et attendez-vous à voir vos données analysées par des robots publicitaires. Dernier point : pour utiliser ce type de service il vaut mieux avoir une bonne connexion Internet, sinon attendez-vous à attendre longtemps lors de la restauration des données.

Logo Dropbox

Le S.M.A.R.T : des informations très utiles

Les disques durs modernes, enfin ceux qui ont moins de quinze ans ;-), intègrent un dispositif appelé S.M.A.R.T. Il s’agit d’un système de sondes permettant d’obtenir différents indicateurs sur l’état du disque dur. Ce dispositif n’est pas complètement fiable, mais permet de prédire une bonne partie des pannes.

On peut lire ces données avec les outils CrystalDiskInfo sous Windows, smartmontools sous Linux et Mac en ligne de commandes, et enfin DriveDx sous Mac, ce dernier étant payant. Bien évidemment il est fortement recommandé de surveiller régulièrement ces attributs pour suivre l’évolution du disque.

Deux types d’attributs : pre-fail et old-age

Il existe deux types d’attributs S.M.A.R.T. : pre-fail et old-age. Si les premiers se dégradent fortement, ils indiquent une panne imminente. Les seconds contiennent des informations comme le nombre d’allumages du disque dur, ou encore sa durée de fonctionnement. Cela dit certains attributs marqués old-age sont en fait des facteurs de panne, alors que certains attributs marqués pre-fail ne sont en fait pas très critiques. On voit dans la suite les attributs à surveiller.

Les attributs pre-fail à surveiller

Dans la liste ci-dessous nous listons les attributs pre-fail les plus critiques :

  • Reallocated_sector_count : C’est l’attribut le plus critique pour un disque dur récent. La valeur à surveiller est la raw_value, qui doit toujours être égale à zéro. Sur un disque dur âgé de quelques années, cette valeur ne doit pas nécessairement être à zéro, mais doit rester proche de cette valeur. Une augmentation rapide de cette valeur est synonyme de panne imminente.
  • Spin-Up Time : cette attribut donne une idée de la santé du moteur électrique du disque dur. Il se dégradait fortement au bout d’un moment sur les IBM DeskStar à cause d’un souci de roulement à billes. Si vous constatez une dégradation rapide de la valeur Worst sans stabilisation, vous avez du souci à vous faire…
  • Spin-retry count : cet attribut est lié au spin-up time, et une forte dégradation en peu de temps est synonyme de panne imminente.
  • Raw_read error rate : le nombre d’erreurs de lecture. Une valeur élevée qui ne se stabilise pas indique une panne imminente. Cela dit cet attribut a une importance moindre que les autres, mais doit être pris en compte s’il atteint la valeur de seuil nommée threshold. C’est en particulier vrai pour les disques durs Seagate, où tant que la valeur WORST n’est pas inférieure à 30 vous n’avez pas à vous en préoccuper.

La liste des attributs old_age à surveiller

Dans la liste ci-dessous nous exposons les attributs avec valeur old_age à surveiller :

  • command_timeout : il s’agit de l’indicateur du tristement célèbre click of death, d’ailleurs si vous l’entendez ponctuellement remplacez votre disque avant qu’il ne soit trop tard !. Sa valeur doit obligatoirement rester à zéro, dans le champ raw_value. J’avoue ne pas comprendre pourquoi cet attribut est classé en old_age.
  • uncorrectable_sector_count : cette valeur est liée à reallocated_sector_count, et indique un état dégradé de la surface du disque dur. Si elle n’est pas à zéro remplacez immédiatement votre disque.
  • airflow_temperature : un disque dur est conçu pour fonctionner entre 40 et 45°C, je parle ici de la température interne au disque. Une température très inférieure ou très supérieure pendant une durée prolongée augmente très fortement le risque de panne. Vous pouvez lire cette valeur soit directement depuis les données S.M.A.R.T., mais elle peut être complexe à interpréter suivant les constructeurs, soit éventuellement avec un outil du type hddtemp sous Linux.

Plateaux de disque dur endommagé

Aïe, mon disque dur est tombé en panne

Il existe différentes pannes, mais globalement on distingue deux cas :

  • Soit le disque dur est encore accessible.
  • Soit le disque dur n’est plus accessible.

Le deuxième cas est vite réglé, dans le sens où si vous avez vos sauvegardes c’est le moment de les restaurer, et sinon vous devrez passer par une société spécialisée comme Ontrack. Attention ça coûte très cher, compter plusieurs milliers d’euros, et vous n’êtes pas certain de tout récupérer.

Dans le premier cas, commencez par démonter le disque dur pour éviter de l’user plus que nécessaire. Ensuite, vous pouvez d’abord tenter de cloner votre disque dur. Le succès n’est pas garanti, mais souvent ça fonctionne. Sinon, vous pouvez aussi tenter de copier un maximum de fichiers, en sachant que vous aurez probablement à réinstaller votre système si c’est un disque système. Sous Linux ça se fait bien, en deux ou trois heures, par contre si vous êtes sous Windows ou Mac je compatis dans votre douleur… Enfin si le disque est trop abîmé vous devrez restaurer vos sauvegardes.

Choisir un disque dur fiable

Entendons-nous bien : la fiabilité d’un disque dur sur le long terme relève de la loterie. Le site hardware.fr publie régulièrement des statistiques de fiabilité du matériel. Evitez les disques présentant un fort taux de retour. Pour les autres, c’est la loterie…

Et pour les SSD ?

Un SSD est affecté par l’usure de sa mémoire Flash, cela dit pour le commun des mortels c’est un faux problème, par contre ça compte en datacenter. Reste que le firmware et surtout le microcontrôleur des SSD peut poser problème. Là encore le site hardware.fr publie des statistiques, mais comme on peut le voir ces taux sont très faibles. On est loin du temps où OCZ sévissait… Cependant ne remplissez jamais un SSD à plus de 80% car sinon vous dégraderez fortement son endurance, ne le défragmentez pas, il n’en a pas besoin, et activez le TRIM.

En bref

Sauvegardez vos données ! Ca vous évitera de nombreux soucis. Vos données n’ont pas de prix et ne sont pas remplaçables, alors que le matériel l’est.

 
 

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JulienJulien
Moi c’est Julien, ingénieur en informatique avec quelques années d’expérience. Je suis tombé dans la marmite étant petit, mon père avait acheté un Apple – avant même ma naissance (oui ça date !). Et maintenant je me passionne essentiellement pour tout ce qui est du monde Java et du système, les OS open source en particulier.

Au quotidien, je suis devops, bref je fais du dév, je discute avec les opérationnels, et je fais du conseil auprès des clients.

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