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Pour beaucoup d’entre nous, développeurs compris, travailler sur ordinateur se révèle être une purge. On se retrouve souvent à faire les mêmes manipulations, au demeurant assez usantes, à perdre du temps devant je ne sais quelle chose, et que sais-je encore. Et pourtant dans bien des cas il est possible de gagner en efficacité, et ce même très fortement. On va voir comment.

Apprenez à maîtriser vos outils

Un adage qui revient souvent est le suivant : les mauvais ouvriers n’ont jamais de bons outils. En réalité, les mauvais ouvriers ne maîtrisent tout simplement pas leurs outils. Et ça s’applique aussi à l’informatique et aux logiciels.

Prenons l’exemple d’un traitement de texte fort connu : LibreOffice Writer. Au moment d’enregistrer un document, un utilisateur non averti ira avec la souris chercher le bouton avec la disquette et cliquera dessus. En d’autres termes il lui faudra déplacer la main du clavier vers la souris, bouger cette dernière pour la faire pointer sur l’icône d’enregistrement, puis cliquer. Durée de l’opération : 5 secondes. Un utilisateur averti se contentera de son côté d’appuyer sur Ctrl+S pour faire la même chose. Durée de l’opération : 1 seconde.

La même chose peut s’appliquer en fait à beaucoup de logiciels. Par exemple sur mon KDE je lance rarement une application en allant chercher dans le menu K : c’est long, et j’ai d’autres choses à faire. J’utilise donc la combinaison de touches Alt+F2 pour afficher une boîte de dialogue, puis taper les premières lettres du programme que je veux lancer et le sélectionner au clavier dans la liste. Les adeptes de la secte de la pomme utiliseront la touche Pomme+Espace pour arriver au même résultat. Et sous W—–s c’est la touche Windows+Q qui permet de faire ça (depuis la version 8.1).

Comme quoi en faisant l’effort d’apprendre ces combinaisons de touches vous gagnerez un temps fou. Vous me direz, mais comment les apprendre ? Très simple : souvent elles sont affichées à droite des commandes dans les menus, ou dans des sites d’astuces informatiques. Voici par exemple un lien pour W—–s. Pensez donc à utiliser votre moteur de recherche favori !

La souris, votre pire ennemi

La souris a certes un côté sympathique car elle rend l’utilisation de votre ordinateur conviviale. Malheureusement c’est aussi votre pire ennemi en terme de productivité. Pas convaincu ? Essayez donc cette application. Vous constaterez que chaque jour vous parcourez des centaines de mètres avec votre mulot.

Par ailleurs, il faut apprendre à manier la souris avec précision, ce qui n’est pas forcément si évident que ça. Enfin, il faut prendre en compte le temps que vous passer à déplacer la main du clavier vers la souris et vice-versa. Sur un ordinateur portable ce temps est réduit, mais il faut alors jouer avec la précision plus qu’aléatoire des trackpads, mis à part ceux des Macbook Pro qui font très fort sur ce plan. Mais même là, vous devez encore déplacer la main d’un périphérique vers l’autre, ce qui prend du temps.

Convivialité et ergonomie, deux notions bien distinctes

Dans bien des cas, on a tendance à confondre convivialité et ergonomie. Or ces notions sont bien souvent antinomiques. Un exemple très simples : certaines fonctionnalités de Microsoft Word, logiciel pourtant reconnu pour être convivial, ne sont accessibles qu’à la souris. Cela nécessite encore une fois de déplacer les mains, et j’en passe. Bref à un moment vous vous retrouverez face à un mur, ou alors il faudra commencer à coder des macros.

À l’inverse le logiciel vim est plus qu’austère. D’ailleurs le prérequis pour commencer à utiliser vim est que… vous sachiez déjà vous en servir. Je rigole à peine, il suffit de voir le nombre d’utilisateurs qui éteignent de force leur ordinateur parce qu’ils n’arrivent pas à quitter le logiciel. La commande pour le faire est :q, oui ça ne s’invente pas. Et pourtant avec l’habitude vim est extrêmement ergonomique. Besoin d’effacer cinq mots ? Tapez d5w, ce qui est bien plus rapide que de sélectionner tous les mots et les effacer. Et j’en passe. Alors oui c’est moche, oui la courbe d’apprentissage est très élevée et oui je suis très loin de vraiment maîtriser cet outil. Mais le peu que j’en connais me permet déjà de gagner un temps énorme !

Et si vous devez faire une commande répétitive, il y a de fortes chances qu’une astuce existe sous vim pour éviter de la faire. Cela nécessite parfois de chercher, mais procure un gain de temps énorme par la suite. Bref encore une fois en faisant l’effort d’apprendre à utiliser les outils on gagne un temps fou. Ceci doit donc être vu comme un investissement !

Pour ceux qui daignent faire l’effort sachez également que la ligne de commande permet d’économiser énormément de temps une fois un minimum maîtrisée. Alors certes au début elle fait peur, mais pour automatiser de nombreuses tâches comme renommer en masse des fichiers il n’y a rien de mieux !

Apprendre la dactylo

Notre ancienne ministre de la culture Fleur Pellerin a déclaré que le clavier azerty était inadapté à la langue française. Une des raisons invoquées est qu’on ne pouvait pas taper de majuscules accentuées. Ce dernier point montre l’incompétence de nos politiques sur le domaine informatique (malgré le fait qu’ils prétendent le contraire…), car en utilisant autre chose que W—–s on y arrive sans problème. Par contre il faut reconnaître que la disposition des touches n’est pas nécessairement idéale, mais d’un autre côté en changer radicalement pourrait nous couper de nombreux pays étrangers où les claviers demeureront pour longtemps encore en Qwerty et autres. En fait la seule limitation de l’Azerty pour la langue française concerne certaines lettres collées, comme dans oeuf.

Maintenant si vous observez bien votre clavier, vous verrez que les lettres F et J portent des marques tactiles. Ce n’est pas pour rien. Elles sont en fait utilisées pour la dactylo, de façon à ce que vous puissiez utiliser votre clavier sans jamais le regarder. Encore faut-il faire l’effort de l’apprendre. Cela n’est pourtant l’affaire que de deux ou trois semaines, à raison d’un quart d’heure à une demi-heure par jour à taper des lignes de fd fd fd fd fd et jklm jklm jklm jklm. Alors oui c’est barbant, mais l’investissement en vaut encore une fois clairement la chandelle.

En bref

J’espère que tout ceci vous incitera à regarder votre ordinateur et toutes les tâches fastidieuses que vous faites dessus sous un autre angle. Dans tous les cas soyez curieux, c’est d’ailleurs une qualité indispensable pour devenir un bon développeur. Les apprentissages que vous ferez de la sorte, ayant souvent un côté ludique, vous serviront très largement par la suite. Et apprenez à être flemmard. Face à un PC c’est une grande qualité, vraiment.

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Julien
Moi c’est Julien, ingénieur en informatique avec quelques années d’expérience. Je suis tombé dans la marmite étant petit, mon père avait acheté un Apple – avant même ma naissance (oui ça date !). Et maintenant je me passionne essentiellement pour tout ce qui est du monde Java et du système, les OS open source en particulier.

Au quotidien, je suis devops, bref je fais du dév, je discute avec les opérationnels, et je fais du conseil auprès des clients.

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